Communications orales – Bloc E – Résumés

Vendredi 16 novembre 2018
14 h à 15 h 30
Hôtel Gouverneur – Place Dupuis

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Salle Rimouski-Chicoutimi – Développement professionnel
  1. Mesurer les effets de la disparition d’un dispositif d’accompagnement sur les parcours étudiants : le cas des étudiants de santé d’une université française
    Cathy Perret (Université de Bourgogne Franche-Comté / CIPE / IREDU) et Muriel Henry (Université de Bourgogne Franche-Comté – Pôle formation) 

    Cette recherche s’inscrit dans les réflexions sur les dispositifs universitaires d’aide à la réorientation, dans le cas particulier des études médicales en France. Seules de ce type dans le paysage français, ces études imposent à 15 % des étudiants une réorientation obligatoire au vu des résultats de 1er semestre de 1re année (aucun redoublement n’est admis). Cette recherche étudie le dispositif institutionnel de réorientation d’une université pluridisciplinaire, en mobilisant les données administratives pour 6 promotions (1103 réorientés pour 9000 inscrits), les 5 premières bénéficiant du dispositif au 2e semestre contrairement à la dernière (dispositif abandonné en 2017). À partir de cette situation « en creux », cette recherche veut contribuer à l’évaluation des dispositifs intégrés de réorientation en considérant les effets de leur disparition sur les choix des étudiants. Deux temps du parcours sont analysés : le devenir pour le semestre suivant un 1er semestre en études médicales, puis le devenir l’année suivant cette exclusion. Sur la base de modélisations logistiques, l’analyse compare les promotions en tenant compte du recours au dispositif et des caractéristiques sociodémographiques et scolaires des étudiants. Les résultats montrent les variations dans les parcours de formation ultérieurs selon les caractéristiques des étudiants et selon qu’ils disposent ou non du dispositif. La disparition du dispositif se traduit par un accroissement des sorties de l’université après l’échec, les possibilités de passerelles directes vers d’autres filières ne compensant pas la disparition du dispositif (les filles étant plus affectées). Les étudiants diplômés avec mention en fin d’études secondaires sont plus enclins que leurs prédécesseurs à quitter l’établissement alors qu’ils rebondissaient le plus et le plus rapidement dans une autre filière lorsqu’il existait un dispositif. Enfin, les comportements des étudiants n’ayant pas bénéficié du dispositif s’homogénéisent.

  2. Agir, raconter, réfléchir en contexte d’innovation sociale : récits de pratique en accompagnement du travail collectif intersectoriel
    Ana Gherghel (Avenir d’enfants) et Julie Rocheleau (Avenir d’enfants) 

    L’expérience d’Avenir d’enfants en accompagnement du travail collectif dans le domaine de la petite enfance est riche en apprentissages permettant de comprendre comment se réalise l’intervention en situation de travail collectif intersectoriel. Avenir d’enfants est un organisme à but non lucratif, issu d’un partenariat public-philanthropique, qui accompagne des projets collectifs dans le domaine de la petite enfance, soutenant plus de 3000 partenaires dans le cadre des regroupements locaux, d’instances régionales et des partenariats nationaux. En plus du soutien financier, un accompagnement est offert par les agents qui offrent un soutien aux travaux collectifs. Cet accompagnement cumule le rôle de représentant du bailleur de fonds et celui d’accompagnateur de proximité auprès des partenariats et regroupements menant des travaux intersectoriels.
    Pour dresser un bilan de cette pratique d’accompagnement, nous avons utilisé la méthode du récit de pratique pour systématiser les connaissances à l’égard de l’accompagnement offert par des agents d’Avenir d’enfants et comprendre les défis et les conditions de succès de cette pratique. Le récit de pratique a permis de témoigner de l’expérience accumulée par ces agents, de raconter des moments marquants et de réfléchir autour de stratégies d’intervention et de savoirs, savoir-faire et savoir-être mobilisés dans l’action.
    Le récit de pratique est une méthode narrative utilisée en sciences sociales pour documenter des pratiques exemplaires ou innovantes, systématiser des savoirs d’expérience ou modéliser des pratiques. Nous avançons que cette méthode permet de déceler les modèles d’action dans un domaine émergeant où chaque milieu est unique, et chaque expérience d’accompagnement est singulière. Cette présentation examine l’apport et les limites du récit de pratique pour des professionnels et des organisations qui œuvrent dans des contextes d’innovation sociale et de partenariat ou travail collectif.

  3. Le développement professionnel d’enseignants du supérieur dans le cadre d’une formation créditée en évaluation des apprentissages
    Josée-Anne Côté (USherbrooke), Christelle Lison (USherbrooke) et Isabelle Nizet (USherbrooke) 

    Les enseignants du supérieur n’ont à l’heure actuelle aucune obligation de formation au niveau pédagogique ni didactique. Ce faisant, c’est souvent l’apprentissage « sur le tas » qui prédomine. Qu’en est-il lorsqu’il est question de l’évaluation des apprentissages des étudiants? Les pratiques restent souvent très classiques, et ce, même si de nombreux programmes de formation s’inscrivent aujourd’hui dans une perspective de l’enseignement centrée sur l’apprenant. Dans les faits, il semble aller de soi que les enseignants détiennent les compétences nécessaires à l’évaluation des apprentissages des étudiants et sont capables d’adapter leurs pratiques évaluatives aux changements d’orientation des programmes (Louis et Bédard, 2015). Est-ce vraiment le cas? Reconnaissons que l’évaluation dans une logique d’approche par compétences est loin d’être généralisée dans les pratiques effectives des enseignants (Louis et Bédard, 2015; Webber et Tschepikow, 2011). Pourtant, si nous voulons réellement penser une transformation des programmes d’enseignement supérieur, et ce, dans une logique de professionnalisation, il est essentiel de pallier cette situation. Pour ce faire, des formations formelles et informelles ont fait leur apparition, pensées dans une optique de développement professionnel des enseignants. Dans le cadre de notre recherche, nous nous intéressons plus particulièrement à une formation créditée en évaluation des apprentissages, soit le microprogramme de troisième cycle en pédagogie de l’enseignement supérieur de l’Université de Sherbrooke. Plus spécifiquement, nous désirons caractériser les retombées de cette formation sur le développement professionnel des enseignants du supérieur au niveau de l’évaluation des apprentissages en utilisant un cadre de référence intégrant le modèle interconnecté de croissance professionnelle de Clarke et Hollingsworth (2002) et les modèles en évaluation de Vial (2012). Nous présenterons donc ce cadre de référence et ses possibles implications.

  4. Évaluation, médico-social et participation : retour sur la mise en action d’une démarche d’évaluation au service de tous
    Alban Roblez (Université Paris 13 Sorbonne – CNAM de Paris) 

    Le propos tient sur un retour d’expérience d’une « évaluation constructiviste » dans l’acception qu’en donnent les auteurs Gélinas et Fortin (p. 143, dans Demailly, 2001, p. 133-146) : une démarche d’évaluation, animée par tous les acteurs de l’écosystème, dont une horizontalité des pouvoirs de compréhension, d’orientation, d’animation et d’évaluation de la démarche; dans une ambition de mise en pouvoir d’agir du malade psychique dans son « projet de vie ».
    Le terrain de recherche est une unité médico-sociale implantée dans un Centre hospitalier dans le Nord de la France. Ici, quatre corps ont décidé de faire de l’évaluation un projet partenarial de nature « participative et formative », pour citer le document fondateur :
    – les usagers de l’unité;
    – les professionnels de l’unité hospitalière;
    – des actrices du monde associatif et de l’éducation populaire;
    – un apprenti chercheur.
    Au-delà des confrontations axiologiques et épistémiques, l’ensemble des acteurs ont réussi le défi de déplacer le « patient/usager/participant » du centre de la table sur une chaise aux côtés des professionnels et des évaluateurs en devenir. Chemin faisant, une démarche globale d’évaluation s’est construite autour de trois axes :
    1. La valeur des animations collectives dans l’accompagnement du « patient ».
    2. La place du participant dans la démarche d’évaluation du projet.
    3. Communication et valorisation du projet et des initiatives.
    Les différentes interrogations, fil conducteur du propos, sont les suivantes : Comment ces pratiques se sont-elles mises en place? Quel était le rôle du chercheur dans ce projet? Quelles pratiques d’évaluation se sont-elles développées? Et quels regards les acteurs du projet portent-ils sur l’évaluation?

Salle Gouverneur 1-2 – Gestion de l’évaluation
  1. Présentation d’un outil convivial opérationnalisant le cadre de mesure du rendement
    Isabelle Gervais (C2D Services) et Amine Tehami (C2D Services) 

    Depuis une dizaine d’années, les administrateurs scolaires des pays émergents sont incités au virage de la gestion axée sur les résultats. C’est une incitation qui n’est pas toujours accompagnée d’un renforcement de capacités, ni sur le plan des compétences individuelles, ni sur celui des outils mis à la disposition de ces praticiens. D’où l’intérêt d’un outil souple (c.-à-d., capable de s’ajuster à des contextes institutionnels variés) et convivial (c.-à-d., ne requérant pas de ses utilisateurs qu’ils surmontent une courbe d’apprentissage décourageante).
    C’est ce que propose ParadoxMC, une plateforme multimodules dont l’un des modules est dédié à la gestion du suivi et de l’évaluation, ce qui facilite l’opérationnalisation des cadres de mesure de rendement. Parmi ses atouts, ParadoxMC permet aux utilisateurs de visualiser graphiquement le modèle logique; de forer, pour une composante donnée, diverses données, comme le niveau de décaissement; de suivre à la trace chaque indicateur; d’interagir avec des données de diverses sources et systèmes; de rassembler les indicateurs clés dans un tableau de bord; en un mot, de prendre des décisions en temps réel. Il va sans dire que les accès varient en fonction des rôles et responsabilités de chacun.
    La communication entend illustrer les fonctionnalités les plus utiles autant pour les administrateurs scolaires susmentionnés que pour les bailleurs de fonds qui les soutiennent, et qui souhaitent eux aussi monitorer l’aide financière et technique qu’ils fournissent.

  2. Les politiques en évaluation des facultés de médecine au Canada : que nous révèlent-elles?
    Éric Dionne (UOttawa), Julie Crevier (UOttawa) et Muteba Lubangi (Institut du savoir Montfort) 

    Cette communication s’inscrit dans le cadre d’un projet de recherche visant à documenter les pratiques en évaluation des apprentissages dans les programmes des facultés de médecine (n=17) en vigueur au Canada. La première étape de ce projet a consisté à brosser un état des lieux au regard des politiques en évaluation des apprentissages. Nous voulions faire l’inventaire des documents officiels de politique en évaluation des apprentissages qui, en principe, informent, balisent et encadrent les pratiques évaluatives auprès des nombreux intervenants (professeurs cliniciens, précepteurs, administrateurs, etc.) impliqués en éducation médicale. Dans le cadre de nos travaux, nous avons divisé les politiques en deux catégories : 1) celles qui touchent aux études médicales de premier cycle et 2) celles qui concernent les programmes de résidence. L’analyse de contenu s’est déroulée en suivant la démarche itérative de Aromataris et Riitano (2014). Dans un premier temps, nous avons recueilli tous les documents qui étaient disponibles publiquement sur les sites des 17 facultés de médecine au Canada. Dans un deuxième temps, nous avons lu chaque document et nous avons codifié le matériel. En parallèle, nous avons construit une grille d’analyse comportant les codes et le nombre d’occurrences. Finalement, nous avons synthétisé l’information et contre-vérifié le codage initial. Nos conclusions révèlent que l’ensemble des facultés possèdent une politique en évaluation des apprentissages. Par ailleurs, l’information qui y est consignée est variable et le niveau de détails est aussi très différent d’une politique à l’autre. On remarque aussi certains invariants comme l’accent placé sur l’évaluation en soutien à l’apprentissage. Les résultats indiquent qu’une standardisation des informations présentées dans ces politiques serait souhaitable.

  3. Rapport, base de données et tableau de bord pour suivre et évaluer un projet pilote dans le domaine de l’éducation : un exemple
    Stéphanie Facchin (Cégep à distance / Collège de Rosemont) et Philippe Mangerel (Cégep à distance / Collège de Rosemont)
    ANNULÉ

    Le recours à un projet pilote peut permettre aux organisations d’intégrer des changements. Dans le même temps, il représente une opportunité d’étudier les effets de ces changements dans le milieu naturel, mais à plus petite échelle avec un nombre de participants restreint, parfois même en s’appuyant sur un dispositif quasi expérimental. Nous réalisons actuellement le suivi et l’évaluation d’un projet pilote dans le domaine de l’éducation visant la bonification de l’encadrement des étudiants. Ce projet pilote représente une recherche évaluative orientée vers la prise de décision permettant d’apprécier l’efficacité d’un encadrement bonifié à favoriser la réussite et la persévérance des étudiants (Depover, Karsenti et Komis, 2011). Pour ce faire, il est possible de s’appuyer sur plusieurs outils comme des rapports et des tableaux de bord contenant des statistiques et de développer des bases de données où les utilisateurs consignent les actions réalisées. Cette communication vise à présenter les pratiques mises en place pour suivre et évaluer un projet pilote : que regarde-t-on? comment? et à quelle fréquence? et de partager l’avis des utilisateurs face à ces outils (tuteur, chargée de projet et gestionnaire).
Salle Gouverneur 3 – Sociologie de l’évaluation
  1. Sociologie de l’évaluation scolaire : portrait d’un domaine d’étude
    Adriana Morales-Perlaza (UdeM) et Joëlle Morrissette (UdeM) 

    Depuis les deux dernières décennies, on assiste à la montée d’une demande d’évaluation dans les sphères publiques comme privées, en raison notamment des effets de la nouvelle gestion publique et des exigences de redditions de comptes qu’elle entraine dans son sillage. Le milieu scolaire n’échappe pas à ce contexte, et la concurrence à laquelle se livrent les établissements scolaires et plus généralement les systèmes éducatifs nationaux provoque aussi une pression à multiplier les contrôles des apprentissages des élèves. Or, comme l’ont décrié de nombreux auteurs, l’évaluation scolaire soulève des enjeux sociaux de grande importance qui affectent la progression des élèves dans le processus de scolarisation : anxiété, faible estime de soi, motivation à la baisse, stigmatisation, etc. Depuis les études sociologiques qui ont fédéré de nombreux auteurs autour de la question des fonctions de reproduction sociale de l’école dans les années 1970 et 1980, établissant des liens entre ces effets négatifs et l’abandon / l’échec scolaire prématuré des jeunes, il est difficile de se représenter le domaine d’une sociologie de l’évaluation scolaire, car les travaux sont dispersés et dilués dans différents champs. Notre recherche vise ainsi à reprendre le projet théorique de la sociologie de l’évaluation scolaire des années 1990 entamé par Pierre Merle et Philippe Perrenoud, dans le contexte socioéconomique actuel où sa pertinence redevient cruciale pour examiner les effets de la recrudescence de la pression à l’évaluation et à l’augmentation des notes. Dans cette communication, nous présentons une nouvelle organisation de ce domaine, à partir des différents courants qui ont alimenté les recherches francophones, anglophones et hispanophones en évaluation scolaire réalisées au cours des 30 dernières années.

  2. Les programmes de développement des compétences sociales chez les étudiants : questionner leur contenu, leur efficacité et leur pertinence
    Mélanie Souhait (TalentCampus FCS BFC), Lucie Hernandez (Centre interdisciplinaire de recherches appliquées au champ pénitentiaire) et Sébastien Chevalier (Université de Bourgogne-ESIREM) 

    Dans un contexte socioéconomique instable et toujours plus évolutif et concurrentiel, la question de l’insertion professionnelle des jeunes est centrale et relève d’un défi permanent pour de nombreux pays. Une des priorités est alors accordée aux politiques visant l’amélioration de la qualité des transitions entre le système éducatif et le milieu professionnel. Récemment, des dispositifs ciblant des compétences nouvelles, dont les compétences sociales, sont apparus pour tenter de relever ce défi. En effet, les seuls savoir-faire techniques ne suffisent plus.
    L’objectif de cette communication est de présenter un travail qui, dans un premier temps, s’est fait fort de recenser les programmes développés dans l’enseignement supérieur, auprès d’étudiants de filières variées, et issus de différents pays. Nous les comparerons selon différents critères : objectifs, méthode d’apprentissage, mode d’évaluation, population ciblée et résultats obtenus. Nous chercherons ensuite à questionner la pertinence de ces dispositifs en discutant de leurs enjeux ainsi que de leurs intérêts et leurs limites, à la lumière de divers éléments issus de la littérature.
    Pour recenser les programmes selon une démarche scientifique rigoureuse, nous nous sommes appuyés sur les étapes d’une recension systématique (Lavis et al., 2005). Nous avons choisi par la suite de comparer, à partir d’une analyse transversale, les huit programmes recensés.
    L’ensemble de cette analyse permet finalement de souligner plusieurs critères d’efficacité, sur le plan de la pédagogie, du contenu et de l’évaluation, nécessaires pour l’établissement de futurs programmes ou l’amélioration de ceux qui sont déjà créés. Nous terminerons cette communication en présentant un programme français, TalentCampus (IDEFI ANR 11-IDFI-0035), dans le cadre duquel a été réalisé ce travail, et sur lequel il s’appuie pour développer son programme de formation et assoir son cadre théorique et scientifique.

  3. Le rôle et les actions de l’enseignant dans le contexte de la relation école-famille-communauté
    Enkeleda Arapi (UdeM), Christine Hamel (ULaval) et Serge J. Larivée (UdeM) 

    La relation école-famille-communauté (ÉFC) est considérée comme un facteur pouvant contribuer à la réussite scolaire au primaire (Wilder, 2014). La relation ÉFC repose en partie sur l’implication parentale (IMP), mais elle est également tributaire de l’implication des enseignants (IME). Selon Hoover-Dempsey (2010) le rôle de l’enseignant est crucial pour stimuler l’IMP lors de la scolarité des élèves. Cependant, si le concept de l’IMP est exploré largement par les chercheurs, l’IME ne semble pas bénéficier de la même attention. À notre connaissance, peu d’études explorent les actions et attitudes de l’enseignant pour solliciter l’IMP auprès de l’enfant. Cette recherche explore les actions et le rôle de l’enseignant auprès des parents pour solliciter leur participation à l’école et à la maison. Nous tentons de répondre à la question suivante : Quelles sont les formes de l’IME dans le contexte de la relation ÉFC? Le cadre conceptuel s’appuie sur le modèle d’Epstein (2011) qui permet de définir les dimensions de l’IME. Cette recherche présente un devis mixte (Creswell, 2007) et a été réalisée avec la collaboration de 7 écoles primaires du Québec. Des questionnaires ont été administrés à 46 enseignants et 239 parents. Au plan quantitatif, des analyses multiniveaux ont été effectuées. Au plan qualitatif, des entrevues semi-dirigées ont été menées auprès de 14 enseignants. L’analyse s’est inspirée de Miles et Huberman (2009). Les analyses quantitatives ont permis de mettre en évidence le rôle de l’enseignant comme un facteur important pour solliciter l’IMP. Les analyses qualitatives ont permis de différencier deux dimensions de l’IME : la communication parent-enseignant et les apprentissages à la maison. D’autres constats découlent de cette recherche : il est important de diversifier les méthodes de recherche dans le cas des études complexes; il est nécessaire d’investir dans la formation initiale pour mieux sensibiliser les enseignants à la relation ÉFC.

  4. Comprendre la réussite étudiante par l’approche anthropologique : une clé pour adapter la mesure et l’évaluation des enseignements?
    Leila Mouhib (Académie de recherche et d’enseignement supérieur) 

    Partant du constat de la persistance des problèmes d’échec et d’abandon dans l’enseignement supérieur belge francophone malgré le développement quantitatif et qualitatif des pratiques d’aide à la réussite, cette communication s’interroge sur les parcours d’étudiants, afin de comprendre « ce qui fait la réussite ». Pour ce faire, l’analyse se base sur une recherche menée auprès des étudiants de fin de cycle (BA), entre avril et septembre 2017, et propose des pistes de réflexion pour adapter au mieux les pratiques institutionnelles d’aide à la réussite aux besoins et perceptions des destinataires.
    La question posée est la suivante : Quels sont les parcours de réussite identifiables dans le premier cycle de l’enseignement supérieur en Fédération Wallonie-Bruxelles depuis 2014? L’objectif est de mettre en évidence ce qui fait le terreau commun de la réussite, quelle que soit la diversité des parcours et des profils.
    La recherche s’inscrit en sociologie de l’éducation, elle adopte une approche anthropologique, qui considère, dans la lignée de Pierre Bourdieu, les études supérieures comme des rites de passage, ou des rites d’institution : sur cette base, elle met en évidence l’existence d’une temporalité particulière, ainsi que le rôle clé de certains éléments, comme les formateurs, les hétérotopies, la reconnaissance et l’intégration, ou le rapport au corps.
    La communication se conclut par la mise en évidence des éléments communs à la réussite étudiante, dans une perspective qui se veut utile pour penser les pratiques d’aide à la réussite. Elle défend l’idée que cette lecture anthropologique de la réussite et des parcours d’étudiants est utile à la réflexion sur la mesure et l’évaluation des pratiques enseignantes.